Cela fait 35 ans que je travaille dans l’industrie et pour l’industrie — d’abord en Allemagne puis en France — dans diverses fonctions de marketing technologique. La place de la France sur l’échiquier industriel mondial a toujours été pour moi un sujet qui m’intéressait tout particulièrement, au point d’en faire la raison d’être de bb&b, mon entreprise.

Or, alors que l’économie ralentit et que les certitudes vacillent, je constate un attachement soudain pour un patrimoine industriel que l’on a longtemps tenu à distance. On plaide pour « sauver » l’industrie française, on alerte sur la perte de souveraineté, on reproche aux pouvoirs publics leur manque d’engagement— le tout dans une posture de patriotisme économique de bon ton. Et, comme souvent, on se tourne vers l’État providence pour corriger ce que les décennies ont laissé filer. Si l’attitude change, la situation ne reste pas moins précaire.

Pourtant, il y a un angle mort dans cette vision : la compétitivité internationale ne dépend pas uniquement des taxes et des charges, mais relève aussi — et surtout — du marketing et de la communication :

  • Combien de PME industrielles disposent d’une véritable équipe marketing ? Pas assez.
  • Combien d’entre elles avancent une proposition de valeur simple, claire et cohérente, adaptée à une audience internationale ? Encore moins.
  • Combien positionnent leur marque, avec précision et constance, sur un segment de marché soigneusement choisi ? Pratiquement aucune.

Il va de soi que les exceptions confirment la règle…

Difficile, dans ces conditions, de gagner la bataille sur un marché globalisé. Pourtant, la France dispose de technologies avancées, de ressources humaines qualifiées et d’une longue histoire d’ouverture sur le monde.

Il faut se mesurer avec lucidité à la concurrence et avancer avec ténacité sur la voie de la différenciation. Voilà le programme. Il n’y aura pas de miracle, mais le progrès est à notre portée.

Article de Mark Diran Boehm, DG et fondateur de bb&b.

 

 La bataille pour l'industrie française, c'est par où ?